51 - Merci...
... de bien vouloir m'aider à retrouver mon dentier : j'ai perdu mes lunettes. Si vous le trouvez, criez fort, mon sonotone s'est cassé quand je suis tombé de mon fauteuil roulant.
... de bien vouloir m'aider à retrouver mon dentier : j'ai perdu mes lunettes. Si vous le trouvez, criez fort, mon sonotone s'est cassé quand je suis tombé de mon fauteuil roulant.
Sur la table de nuit branlante il distille l'amertume d'une romance échue. Son présent n'est que passé, décomposé, imparfait. Ses désirs sont aphones, ses lèvres arides. Il ne peut plus pleurer, il ne sait plus sourire. Inutile de se dépenser à vouloir panser ses pensées.
Je vogue de pore en pore sur le satin de ses seins en dessinant à dessein des volutes sucrées.
Nul endroit où se tenir droit quand la vie tangue en dérobant ses assises. Ses mots lui plissent les yeux, ses phrases le taraudent. Ne plus faire écho à son passage tout en le guettant. Avide. Dérisoire passe-temps : il n'est plus qu'attente.
Refermer un horizon qui s'ouvre pour ne pas bousculer sa fausse quiétude ou s'y diriger tête baissée au risque de perdre haleine ? Le charme discret de la bourgeoisie pourrait bien le métamorphoser en ange exterminateur, perplexe et déstabilisé.
Tout en rêvant d'échos de mots tendres sous la pluie éprouvante, n'oublions pas d'éteindre le jour quand de haut tombe la nuit en un chuintement d'étoiles.
Tout est paisible. Chaque chose est à sa place. La mer et le soleil montent puis redescendent. Il connaît par coeur les chemins alentour. Il est en manque. Les chemins alentour le connaissent par coeur. Ils redescendent vers le soleil et la mer. Plaçant chaque chose paisiblement. Il est en manque.
Etait-ce bien utile de tuer Kadhafi pour instaurer la charia ou de virer Ben Ali pour élire des islamistes ? Vous allez voir qu'on va détrôner Sarkozy pour asseoir l'ex de celle qui se voit déjà au perchoir. Le peuple est nul.
A en croire son miroir, il a des cernes et des rides partout. Mais c'est un vieux modèle, le tain atteint sans doute. Il le changera demain.
Encore un dimanche à la mer. Je crois que je vais noyer tous les poissons !
Elle ne comprenait pas qu'il ressentait son enthousiasme forcené comme une agression. Elle s'émerveillait d'un rien, elle s'émerveillait de tout. Il lui trancha la gorge avec délice et fit inscrire sur sa tombe "Courage les vers !"
Du matin au soir, elle se tient debout entre chambre et salon. Imperturbable et lointaine, un demi-sourire sous ses yeux noisette. En changeant de pièce, sans que rien ne frémit, je passe à travers elle. Inconsistant.
Il ne voyage plus que sur un cygne. De mare en mare. Désenchanté. En lui sussurant ses désillusions il le nourrit du sel de ses larmes. Surtout ne plus rien montrer. Marre des signes.
Désormais, sous sa couette, seuls les acariens lui murmurent des regrets. A lui faire exploser les tympans.
En se penchant sur le berceau, sa baguette chut de son corsage et atterrit malencontreusement dans l'oeil du nouveau-né. Fou de douleur et de rage, il l'en retira et transforma illico la maladroite en blanquette de veau.
Sans pour autant nous désintéresser du formidable bouleversement que vont provoquer les prochaines élections présidentielles dans notre quotidien, nul ne peut ignorer l'immense solitude du thon en boîte.
Cette nuit, j'ai rêvé que je dormais sans faire le moindre rêve. Le rêve.
Hier, je me suis promené avec un calamar sur l'épaule droite et une sèche au coin des lèvres. Aujourd'hui je vais tenter l'inverse afin de ne pas susciter une vaine jalousie.